Familles 2SLGBTQ+ : le prochain gouvernement aura du travail à faire

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À moins d’un mois des élections provinciales, la Coalition des familles LGBT+ fait connaître ses revendications pour les droits et le bien-être des familles 2SLGBTQ+. Nous demandons aux partis politiques qui souhaitent former le prochain gouvernement québécois de s’engager à :

ACCÈS À LA PROCRÉATION ASSISTÉE

  • Offrir un accès réellement équitable à la procréation assistée couverte par la RAMQ, pour toutes les familles et ce, à travers la province.

  • Retirer la notion du projet parental unique et convenir plutôt de couvrir un nombre d’essais ou de paillettes par individu.
  • Ouvrir la couverture à toutes les méthodes de procréation assistées choisies par les futurs parents.

  • S’assurer que des informations claires et précises soient données à travers toutes les cliniques de fertilité, privées ou publiques, entre autres en ce qui a trait aux projets parentaux des personnes 2SLGBTQ+.

POURQUOI ?
Les critères d’admissibilité à la couverture de la RAMQ pour la procréation assistée sont disponibles et accessibles, mais ils sont vagues. Leur interprétation varie donc entre les divers hôpitaux et cliniques, ce qui rend variables les instructions données aux futurs parents et l’accessibilité de ladite couverture. Est-ce que l’accès au programme une affaire de chance, ou de région, finalement ?

DONNEURS DE SPERME

  • Mettre en place un comité de travail visant à proposer à des mesures concrètes pour limiter le nombre de dons de sperme par individu afin d’éviter que ne se reproduisent des enjeux de santé publique reliés aux « donneurs en série ».

POURQUOI ?
Le Québec doit protéger les enfants issus de dons de sperme contre les pratiques irresponsables. En effet, certaines personnes donneuses mentent sur leur nombre de dons ou en réalisent un nombre excessif, mettant en danger la santé des enfants à naître, et, éventuellement, celle de leur descendance. Il s’agit d’un grave enjeu de santé publique !

ÉDUCATION À LA SEXUALITÉ

  • Protéger l’éducation à la sexualité dans toutes les écoles du Québec et à tous les niveaux – un outil essentiel de lutte contre l’homophobie, la transphobie, la misogynie et les stéréotypes de genre.

POURQUOI ?
L’éducation à la sexualité, c’est loin d’être une question de reproduction! C’est la diversité familiale, l’estime de soi, la lutte aux stéréotypes de genre, l’apprentissage du consentement, etc. Soutenir les enfants dans leur développement psychoaffectif et leur donner des référents communs pour le respect de soi et des autres, c’est un outil merveilleux pour l’égalité des genres si chère à notre belle province !

L’ENFANT AVANT TOUT, POUR VRAI

  • Former l’ensemble du personnel des services publics aux réalités des familles 2SLGBTQ+, incluant les milieux juridiques, l’éducation, la santé et les services sociaux.

POURQUOI ?
Au Québec, on est chanceux. Le droit de la famille affirme que l’intérêt de l’enfant prime sur tout le reste. Malheureusement, des biais et préjugés envers les personnes LGBTQ+ et leurs capacités parentales influencent encore aujourd’hui comment certains parents et enfants sont traités – et c’est injuste pour tout le monde ! Les juges, avocat·es, intervenant·es, enseignant·es et soignant·es doivent apprendre à connaître les familles LGBTQ+ et être sensibilisés à leurs enjeux afin de les traiter équitablement, dans le meilleur intérêt des enfants.

FORMULAIRES

  • Appliquer ses propres loisen assurant la conformité de tous les formulaires dans tous les services publics (écoles, hôpitaux, cliniques, etc.) : les familles homoparentales et les parents non-binaires doivent pouvoir s’identifier partout conformément à leur réalité.

POURQUOI ?
Trop souvent, les parents de même genre ou les parents non-binaires doivent corriger eux-mêmes ou appeler pour faire corriger des formulaires émis par l’État, même si les familles homoparentales sont reconnues depuis 2002 (presque 25 ans!) et la mention « X » est disponible depuis 2022. Après tant d’années, c’est la moindre des choses qu’on respecte nos titres parentaux – et que l’État respecte ses propres lois !

GROSSESSE POUR AUTRUI

  • Faire le nécessaire pour que toutes les provinces canadiennes soient des états reconnus par la loi sur la grossesse pour autrui « hors-Québec ».
  • Réviser la loi en tenant compte de situations exceptionnelles, par exemple lorsque des Québécois·es souhaitent réaliser leur projet avec un membre de leur famille dans leur pays d’origine.

POURQUOI ?
Il n’est pas rare que les parents d’intention aient des liens forts avec des personnes domiciliées ailleurs au pays, même parfois à l’international. Ce n’est pas simple de devenir parent quand on est 2SLGBTQ+, et le processus est un moment très vulnérable – tout ce que le Québec peut faire pour simplifier leurs vies devrait être fait.

PLURIPARENTÉ

  • Abandonner l’appel du jugement Garin et reconnaitre légalement la pluriparenté.

POURQUOI ?
Les familles formées de + de deux parents existent déjà, et le jugement Garin (printemps 2025) nous a donné raison : limiter le nombre de parents reconnus à un maximum de deux est discriminatoire. À vrai dire, c’est ahurissant que le gouvernement dépense autant de fonds publics à s’assurer que certains parents ne soient pas responsables légalement de leur(s) enfant(s) !

REPRÉSENTATION DES FAMILLES

  • Représenter la diversité des familles dans ses outils de communications et exiger de même des services sociaux et des milieux scolaires.

POURQUOI ?
Les enfants remarquent tout :  de qui ont leur parle et qui on leur montre,mais aussi qui on ne leur montre pas. Ça façonne leur monde et leur apprend qui sont les modèles à suivre, et ceux à éviter. S’ils ne voient presque jamais de familles homoparentales, lesboparentales, monoparentales, adoptives, pluriparentales, etc. les enfants, et particulièrement ceux de ces familles, comprennent implicitement qu’elles sont « moins bonnes » ou une « exception dont ne devrait pas parler ». C’est pourquoi il est primordial de les exposer à la diversité familiale le plus tôt possible !